Le texte argumentatif

 

 

Définition, types de texte argumentatif, caractéristiques

Le texte argumentatif est le type de texte qui défend un point de vue sur une question ou une polémique à caractère philosophique, politique, scientifique ou social.
 
Le but du texte argumentatif est de défendre une thèse précise sur un sujet donné. Plusieurs textes correspondent à ces caractéristiques : essais, pamphlets, éditoriaux…
 
Toutefois, le texte argumentatif enseigné dans les écoles doit avoir une structure plus rigoureuse que ces types de textes. C’est cette structure qui est expliquée plus loin.
 
Peu importe le type de texte argumentatif, les auteurs doivent utiliser divers procédés argumentatifs pour convaincre les lecteurs que leur point de vue est le bon.
 

Un exemple de texte argumentatif : le texte éditorial

Le texte éditorial est un texte argumentatif qui questionne un sujet en invoquant divers éléments ou données auxquels le lecteur n’aprobablement pas encore réfléchi. C’est souvent par le choix des éléments ou données que s’exprimera l’opinion ou le point de vue de l’auteur. 
 
L’éditorial peut aussi prendre différentes formes selon l’auteur :
 

·         L’éditorialiste d’un journal émettra une opinion, au nom du journal, sur un sujet d’actualité. Cette opinion sera souvent prise en compte par le public, les politiciens, les gens d’affaire, etc.


·         L’éditorial d’une revue présentera l’orientation du contenu mensuel d’une revue.


·         Dans certaines publications, on trouve une page éditorial où ce sont des lecteurs qui émettent leur opinion sur un sujet.

 
Les éditoriaux sont généralement conçus en suivant une structure moins stricte que celle décrite pour les textes argumentatifs, et les auteurs emploient souvent des procédés d’opposition comme l’ironie.
 

Structure du texte argumentatif

Pour composer un texte argumentatif, il est important de bien structurer son texte et ses arguments. Autrement, le lecteur ne pourra pas bien déceler le sujet présenté et la thèse défendue. Peu importe la thèse présentée, il faut que le lecteur sache, après la lecture du texte, quel est réellement le point de vue valorisé par l’auteur. C’est pourquoi, il est conseillé de suivre la structure suivante et de suivre ces conseils de rédaction.
 
Il est essentiel de construire la structure du texte avant de commencer la rédaction. Bien avant de créer le plan, il faut prendre le temps de réfléchir à la question posée et à tous les arguments possibles, autant ceux favorables que ceux défavorables à la thèse. C’est important de connaître les idées qui pourraient servir à contredire les nôtres puisqu’il faudra réfuter ces contre-arguments.
 
Pour être bien informé des arguments, contre-arguments et preuves, il faut se documenter, lire des textes de référence et prendre connaissance de tous les aspects de la problématique.
 
Après avoir réfléchi à toutes les facettes de la question, on peut enfin décider les arguments les plus importants et sur lesquels on veut développer son point de vue. Il faut alors classer les arguments choisis en 2 ou 3 aspects qui composeront les 2 ou 3 paragraphes du développement. Il est plus facile, après ces étapes, de bâtir le plan du texte et de commencer la rédaction d’un brouillon.
 

L’introduction

Tous les textes doivent démarrer avec une introduction claire et concise. Le texte argumentatif ne fait pas exception. L’introduction est essentielle pour accrocher le lecteur et lui présenter de manière rigoureuse le sujet, la thèse défendue et la structure générale du texte. C’est pourquoi toute bonne introduction va être construite à partir des trois éléments suivants :
 

Sujet amené
Il s’agit d’introduire le sujet sans le nommer. Le sujet amené est généralement une phrase dans laquelle il n’y a ni arguments, ni thèse. L’objectif est d’intéresser le lecteur, par exemple en posant une question originale.
« Saviez-vous que 30 % de la population mondiale se partage 90 % des richesses?
 Sujet amené : on énonce une statistique intéressante sans dire précisément de quoi on va parler.
Sujet posé
Le sujet est nommé, suivi de la thèse que l’on défend (position pour, contre ou mitigée).
Dans ce contexte d’injustice, il est essentiel de redéfinir le rôle du FMI et de la Banque mondiale.
→ Sujet posé : que doit-on faire du FMI et de la Banque mondiale?
 
Je crois que ces deux organisations devraient être préservées mais transformées en agents de répartition de la richesse.
→ Thèse, position mitigée : le FMI et la Banque doivent être conservés, mais leur mission modifiée.
Sujet divisé
Présentation de la structure du développement : quels arguments avancera-t-on pour défendre sa position et convaincre le lecteur qu’elle est la bonne?
D’abord, je montrerai les conséquences catastrophiques des politiques actuelles du FMI et de la Banque mondiale dans certains pays d’Afrique.
 Premier argument.
Puis, j’expliquerai comment l’application de nouvelles théories économiques a favorisé l’autonomisation de certaines régions pauvres. »
 Deuxième argument.

 

Le développement

Le développement est constitué des arguments et sous-arguments sur lesquels repose la thèse. C’est la partie la plus longue du texte (environ les deux tiers, ou plus). Dans le développement, on écrit habituellement un paragraphe par argument principal.
 

Structure d’un paragraphe de développement

Pour être concis, clair et convaincant, chacun des paragraphes doit être structuré.
 

Voici une structure modèle pour un paragraphe :

 

Introduire l’aspect traité dans le paragraphe.
Une courte phrase, généralement introduite par un marqueur de texte, peut suffire.
« De plus, l’économie mondiale a évolué depuis les années 1980 et de nouvelles théories économiques présentent des avenues intéressantes sur la place que devraient occuper le FMI et la Banque mondiale.
Présenter l’argument en lien avec cet aspect.
L’argument est énoncé et accompagné d’une preuve (citation, exemple, statistiques…) qui appuie solidement le point de vue.
Ainsi, la Banque mondiale devrait établir des politiques de crédit abolissant la notion d’intérêts et le FMI devrait orienter son action vers les subventions aux coopératives de travail. C’est là la position du philosophe et prix Nobel de la Paix Igor Kaslovski, et le modèle qu’il a élaboré a obtenu des résultats remarquables dans des régions subsahariennes pourtant considérées comme pauvres et marginales. 
On peut ou non présenter un contre-argument.
Le contre-argument est énoncé.
Certains prétendent que le modèle de Kaslovski est applicable uniquement à petite échelle et qu’on ne verrait pas les mêmes bénéfices s’il était étendu à l’échelle planétaire.
S’il y a contre-argument, ondoit présenter une réfutation de ce contre-argument pour donner de la force à son argument.
La réfutation, c’est-à-dire l’attaque de la crédibilité du contre-argument est énoncée.
Ceux qui pensent ainsi suivent la lignée de ceux qui croyaient, au 19e siècle, que les syndicats menaçaient la productivité et la stabilité sociale, et de ceux qui s’entêtent à imaginer que le monde cesserait de tourner s’il n’y avait plus d’esclaves au service des riches et des puissants.
Présenter la conclusion partielle.
Il s’agit d’une phrase pour rappeler les éléments argumentatifs essentiels qui ont été énoncés dans le paragraphe.
À la lumière du succès remporté par les nouveaux modèles économiques et quoi qu’en pensent les détracteurs, jaloux de préserver leurs avantages, on ne peut que souhaiter une réorientation des mandats du FMI et de la Banque mondiale. »

 

La conclusion

Tout comme il est important de conclure chacun des paragraphes, il est essentiel de conclure le texte.
 
La conclusion sert à rappeler le sujet dont on débattait, les principaux aspects que l’on a abordés. Elle consolide le point de vue.
 
La conclusion se termine idéalement par une ouverture : une pensée qui fait réfléchir le lecteur, comme l’association du sujet à une autre problématique, l’émergence d’un nouveau courant de pensée, etc.
 
La conclusion est construite avec deux parties :
 

Retour sur la thèse de départ
C’est une bonne façon de ramener le lecteur vers le propos d’origine, vers ce qui l’avait amené à lire le texte. En gros, on résume à l’essentiel la thèse et les arguments du texte.
En conclusion, il serait absurde de préconiser l’abolition pure et simple du FMI et de la Banque mondiale, mais ces deux organisations ne pourront plus exister très longtemps dans la forme qu’elles ont actuellement. Les ratées de leurs politiques ont discrédité la philosophie qui les porte, et de nouvelles pratiques économiques offrent une perspective de croissance et de justice internationales encourageant leur réforme.
Ouverture
On peut terminer par une pensée qui vient appuyer l’argumentation précédemment exposée ou par une question qui amènera le lecteur à réfléchir. C’est la dernière chance de l’auteur de convaincre les indécis!
Coluche avait dit : « Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Et le syndicalisme, c’est exactement le contraire! » Il faut sortir du cercle vicieux de l’exploitation humaine, de quelque intérêt qu’elle provienne, et s’engager dans des actions qui favorisent le sens réel de la vie : le bien-être de tous et chacun.

 

Plan du texte

 


Procédés argumentatifs et pièges à éviter

 
Les arguments appuient la position de l’auteur. En voici quelques types différents :
 

La définition

La définition consiste à décrire une chose, une idée, un concept. Cela permet à l’auteur du texte de situer le lecteur dans son argumentation, de le mettre en contexte. Évidemment, l’auteur peut donner une définition qui correspond à ses valeurs et ses idées, en utilisant des marqueurs de modalité.
 
Exemple
 
On peut définir les mots « guerre » et « terrorisme ». En définissant cette différence, l’auteur pourra mieux exprimer sa pensée et éviter des ambiguïtés dans son argumentation.
 

L’argument d’autorité

Cet argument fait appel à l’autorité reconnue d’une personne (politicien, scientifique, intellectuel, religieux, etc.) et à ce que cette personne a dit ou fait. On peut citer la personne ou rapporter ce qu’elle a fait.
 
Exemple
 
On invoque les paroles de Nelson Mandela qui a une notoriété internationale.
 

L’exemple

L’exemple permet de démontrer en utilisant une situation normale ou exceptionnelle qui est déjà arrivée ou qui pourrait arriver.
 
Exemple
 
« Par exemple, l’an dernier, cet homme courageux qui a combattu tout un système et qui a finalement gagné! Voilà l’exemple qu’il faut parfois aller jusqu’au bout! »
 

Le contre-exemple

Le contre-exemple sert à démolir un exemple. En effet, on pourrait opposer à l’exemple précédent celui-ci.
 
Exemple
 
« Eh bien! aller jusqu’au bout peut parfois provoquer le pire. Par exemple, cet autre homme qui en voulant aller jusqu’au bout s’est finalement fait justice lui-même et s’est retrouvé en prison. »
 

Cause à effet

Cet argument puise dans les conséquences d’un événement pour prouver la thèse. Il peut entre autres servir à éveiller la conscience ou à faire peur.
 
Exemple
 
« Si vous votez pour cet homme, il n’y a que des catastrophes qui vous attendent, telles la hausse des impôts et la diminution des services. »
 

Le fait

L’argument par le fait consiste à présenter des citations, des photos, des illustrations, des données statistiques qui viennent appuyer l’argumentation.
 
Exemple
 
« L’an dernier, 2340 personnes ont déclaré avoir été satisfaites des services rendus. »
 

L’analogie

L’analogie est une sorte de comparaison qui établit un lien de ressemblance entre deux éléments. Elle peut être utile pour renforcer la définition qu’on donne d’une chose, d’une personne ou d’un concept. Elle est souvent imagée, telle une métaphore.
 
Exemple
 
« Le soldat est à l’armée ce que le joueur de hockey devrait être à son équipe. »
 
 À prendre ici dans le sens où les joueurs de hockey devraient travailler en équipe dans l’atteinte d’un but. On pourrait aussi ajouter que l’équipe de hockey pourrait fonctionner comme une armée où l’entraîneur est le général et les joueurs, les soldats. 
 

La contre-argumentation et la réfutation

Il s’agit d’affaiblir les arguments adverses à la thèse en leur opposant d’autres arguments qui paraissent supérieurs.
 
Exemple
 
« Vous dites que ce gouvernement en faveur des riches va aider ces derniers à enrichir la population; mais cette mesure appauvrira au contraire les pauvres, car c’est bien connu que les riches gardent les surplus d’argent pour eux. »
 

Pièges à éviter dans la composition d’un texte argumentatif

L’argumentation est le point central de tout bon texte argumentatif. Si les arguments ne sont pas suffisamment forts ou si l’organisation des idées démontre d’énormes faiblesses, le message ne passera pas auprès des lecteurs. C’est pourquoi il faut éviter les pièges suivants :

 

Piège
Description
Argumentation incomplète
Chacune des idées présentées est insuffisante (manque d’arguments). On parle aussi d’argumentation incomplète lorsque la position globale est mal appuyée par l’ensemble des arguments. Les liens logiques entre chaque argument et l’ensemble du texte ne sont pas assez soutenus.
Argumentation insatisfaisante
Les idées émises ne sont pas solidement argumentées (manque de preuves, d’autorité, de citations). C’est le cas lorsque les arguments se basent sur des hypothèses, des idées personnelles, des jugements de valeur…
Structure confuse
Les idées ne sont pas claires pour les lecteurs : trop de sous-entendus, arguments implicites non expliqués, manque de cohérence textuelle, mauvaise structure dans l’ordre de présentation des aspects, thèse trop complexe…
Thèse sans intérêt ou évidente
Les lecteurs devinent dès le début du texte la position de l’auteur. La thèse sans intérêt n’impliquera pas la participation ou la réflexion du lecteur.
Le texte ne tient pas suffisamment compte des contre-arguments.
Le texte ne se concentre que sur les arguments en faveur du point de vue exposé. Il est alors facile à contredire et l’argumentation est tout aussi facile à démonter.


 

Trucs pour éviter ces pièges

 

·         Développer toutes les idées émises avec des arguments solides.


·         Établir correctement les liens entre l’idée principale et chaque aspect du texte, incluant les arguments.


·         Consolider chacun de ses arguments avec des preuves solides.


·         Bien préparer ses idées, ses arguments, ses preuves AVANT la rédaction du plan et du brouillon.


·         Développer ses idées autour d’une problématique, d’une polémique, d’un sujet controversé.


·         Exposer ses idées de manière à démontrer que l’on connaît les contre-arguments.


·         Démentir les contre-arguments avant que l’on contredise le texte.